Le principe n'est pas neuf et, en son temps, le gouvernement d'Edouard Balladur avait mis en place le FITTVN, fonds d'investissement pour les transports terrestres et les voies navigables, dont les ressources provenaient des péages autoroutiers. Aujourd'hui, la démarche est différente et vise à taxer la circulation des poids lourds sur les réseaux primaires, en complément des taxations autoroutières. L'ardeur des Pouvoirs Publics est fort heureusement freinée par des difficultés matérielles de mise en service. Les Allemands, qui s'y essayent actuellement, ne sont pas au bout de leur peine. Théoriquement, à partir du 1er septembre, la LKW Maut entrera en vigueur. Mais les premiers mois de tests seront difficiles et nos autorités nationales préfèrent observer l'expérience avant d'aller plus loin. Il n'en reste pas moins que l'opportunité de lancer une nouvelle taxe apparaît totalement déplacée dans le contexte actuel. La conjoncture est au plus bas. Les trafics se contractent et les transporteurs peinent à équilibrer leurs comptes d'exploitation. D'autant que le poids des charges se fait de plus en plus lourd en raison de la hausse lancinante du prix du gazole. Les bruits de bottes au Moyen-Orient ne sont pas là pour rassurer. Alors est-il vraiment nécessaire et indispensable de lancer un tel débat ? Et surtout est-ce utile ? Est-on vraiment sûr que les fonds collectés serviront à financer les modes alternatifs ? Qui garantira le résultat ? L'argent récolté ne servira-t-il pas à financer purement et simplement les déficits d'exploitation récurrents du transport public ? D'ailleurs, où est passé l'argent du FITTVN, puisque, par exemple, en matière fluviale, le canal Rhin-Rhône a été abandonné et le canal Seine-Nord s'est transformé en arlésienne.
Jean-Paul Meyronneinc