Dans son étude prospective sur les infrastructures de transport rendue publique le 24 avril, la DATAR (Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale) n'y va pas avec le dos de la cuillère. Où qu'ils roulent, les poids lourds devront passer à la caisse ! De quoi alimenter un fonds destiné à financer les infrastructures - si la France a rattrapé son retard, elle ne doit pas relâcher ses efforts - mais aussi et surtout à rendre plus compétitifs les autres modes. Est ainsi prônée la constitution d'un axe ferroviaire majoritairement consacré au fret entre la Méditerranée et le nord du pays, avec des ramifications vers les ports et les corridors de transit. C'est autour de cette « magistrale Eco-fret » que seraient concentrés l'essentiel des investissements et développées des plates-formes logistiques. Lesquelles s'inscriraient dans un schéma élaboré au plan national. L'idée n'est pas nouvelle : le député Marc-Philippe Daubresse l'avait proposée en 1997. Le principe de rehausser les tarifs des autoroutes et tunnels alpins pour financer les infrastructures ferroviaires de la région ne l'est pas plus. C'est ce qui a été fait au Fréjus et au Mont-Blanc. Il suffit d'appliquer la technique à toutes les zones « sensibles ou congestionnées », préconise le rapport. Le projet de taxer l'emprunt des grands axes routiers copie la future Lkw-Maut allemande au point d'envisager un dispositif similaire de repérage des véhicules par satellite. Quant au péage urbain, il s'inspire directement de celui instauré à Londres. Que de nouveautés en perspective pour le débat parlementaire prévu les 13 mai et 3 juin !
Editorial