Maintien des privilèges : toujours la même chanson.

400 000, 500 000 ou peut-être un million. Au soir des manifestations du 13 mai pour la défense des retraites, la bataille des chiffres a fait recette, chacun y trouvant matière à réconfort.

Les syndicats qui clament haut et fort l'élan de mobilisation (dont il faut quand même reconnaître qu'il a surtout concerné les fonctionnaires). Le Gouvernement souhaitant ardemment que ces mouvements sporadiques ne dégénèrent pas en un conflit plus grave. Comme toujours, des messages pleins de démagogie ont circulé ici et là : les fonctionnaires font un métier pénible, il faut aligner le régime du public et du privé sur la base de 37 ans et demi, la retraite à 60 ans pour tout le monde et surtout ne pas toucher aux régimes spéciaux de retraite dont profitent certaines catégories (instituteurs, cheminots, etc.). Une fois de plus le débat est complètement tronqué. La pénibilité du travail n'est pas l'apanage des cheminots : les chauffeurs routiers en savent quelque chose, qui ont difficilement obtenu en 1997 un congé de fin d'activité à 55 ans (système bâtard, instable et complexe qui ne profite pas à tout le monde). De plus, le refus de comprendre la réalité économique de la part des syndicats et des fonctionnaires est intolérable et inique vis-à-vis des salariés (du privé). Cette attitude est d'autant plus incompréhensible que le secteur public est rarement créateur de richesses, ce qui devrait l'amener à un peu plus d'humilité. Ce n'est pas lui qui porte la croissance d'un pays, ni la création d'emplois à bout de bras. Quand il a l'occasion de le faire, comme ce pourrait être le cas dans le fret ferroviaire et le transport combiné, il est systématiquement victime d'un sabotage interne de la part de ses propres troupes. Car la grève du 13 mai aura, au passage, entraîné la suppression d'une dizaine de convois ferroviaires rail/route, amenant les chargeurs à choisir une fois de plus l'alternative routière. La menace d'un conflit par étapes ou plus dur n'est pas faite pour rassurer. Alors, Messieurs de la rue, parlons un peu travail et oublions un temps les mots retraite, réduction du temps de travail, week-ends prolongés, ponts et congés payés. Un pays ne peut vivre seulement de vacanciers ou de rentiers.

Editorial

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