Parmi les indicateurs, le nombre des défaillances d'entreprises en est un à prendre au sérieux, sur la santé du secteur privé et le climat des affaires. Dans l'Hexagone, lors des six premiers mois de 2003 à comparer avec le premier semestre 2002, les faillites tous secteurs confondus ont progressé de 4,8% et pour le seul secteur du TRM de 11,7%. Etalonné par les procédures judiciaires, le niveau de « mortalité » des entreprises dans le transport routier de marchandises est pour le moins élevé. La liquidation judiciaire de quelques grands groupes de renom (Grimaud Logistique pour n'en citer qu'un), au premier semestre, le laissait deviner. Dans ce contexte, il est toujours utile d'analyser les causes conjoncturelles, découlant de l'activité économique générale et locale, et les raisons structurelles, liées à l'organisation des entreprises. Dans le transport routier, il est difficile d'échapper à certaines réalités. Le bon sens rappelle que des coûts en augmentation et des prix de transports en stagnation ne peuvent pas favoriser la bonne marche des entreprises de transport, dont la capacité à dégager de la richesse devient - pour beaucoup - limitée. La recherche de l'équilibre financier s'apparente alors à un exercice digne de l'équilibriste sur son fil. Dans cette conjoncture morose, on mesure mieux la crainte des transporteurs bretons devant le projet d'instauration d'une taxe de circulation pour les poids lourds (sur un millier de kilomètres de voies express autoroutières). Ces transporteurs locaux verraient leurs coûts d'exploitation augmenter alors que la répercussion de la taxe dans les prix de transports serait très aléatoire. Cette tarification supplémentaire ne ferait que charger un peu plus la barque d'un secteur qui « perd » des entreprises et qui voit la concurrence étrangère, un peu plus chaque jour, pousser ses pions avec persévérance.
Editorial