Prévue pour soulager l'A1, la liaison autoroutière Amiens-Lille-Belgique (précédemment appelée Autoroute A24), qui pourrait être inaugurée vers 2015, est sous les feux de l'actualité depuis l'entame de la période de concertation publique. La procédure est classique : le projet portant sur plus de 40 km (l'axe devrait faire 120 km) et son coût dépassant les 300 millions d'euros (facture probable : un milliard), il doit y avoir débat public. Des réunions sont programmées : réunions thématiques puis d'étape, puis réunion de synthèse en janvier 2004. Un dossier sera alors remis à la commission nationale du débat public (CNDP). Le débat sur cette infrastructure ne fait donc que commencer et déjà les opposants se font entendre. Mieux : ils ont fait preuve d'une organisation remarquée lors des trois premières réunions qui ont eu lieu à Lille, Arras et Amiens, fin septembre et début octobre. Lors de ces tribunes, élus Verts, sympathisants, riverains, associations de défense de l'environnement... se sont mobilisés, avec force arguments dans la discussion. Sans réduire le débat à un affrontement entre les « pro » et « anti » camions, rappelons que l'enjeu dépasse la seule question de l'environnement. Dans ces lieux de débats, les transporteurs et, plus généralement, les acteurs du monde du transport, sont invités à prendre la parole, eux ou leurs organisations professionnelles, et à défendre leurs points de vue. Les réunions publiques sont prévues à cet effet. Elles sont annoncées dans la presse, ont pour cadre des espaces connus : il est difficile de les ignorer. «Les acteurs économiques sont appelés à s'exprimer en venant physiquement aux réunions», dit-on à la CNDP. Le message est clair. Dans le cadre du projet Amiens-Lille-Belgique, les transporteurs doivent s'impliquer dans le dossier. S'en moquer ou faire litière de cette concertation publique serait une erreur. Les absents ont toujours tort.
Editorial