Contenu dans les textes du sommet du Touquet, organisé en février par les autorités française et anglaise, le dispositif sécuritaire va être inauguré sur le port de Calais en novembre après ratification du texte par le Parlement français. Ces « contrôles juxtaposés » cogérés par la France et La Grande-Bretagne - qui existent déjà pour le tunnel - seront effectuées par les services de l'immigration anglais, et compléteront le dispositif, entre les premiers contrôles mis en place par la Chambre de Commerce et d'Industrie de Calais et ceux réalisées par les services des ferries. Mais ils posent une question qui n'a pas été tranchée : qui va payer l'investissement de six millions d'euros que nécessitent les installations nouvelles sur le port de Calais ? La CCI de Calais, chargée de trouver la solution du financement, est discrète sur le sujet tout comme les pouvoirs publics. L'éventualité d'une taxe portuaire pour couvrir le montant de l'investissement fait surface. Cette taxe, les transporteurs routiers qui font du Transmanche ne la verraient évidemment pas d'un bon oeil, qu'elle leur soit directement imputée ou comprise dans les tarifs des compagnies de ferries. Pour autant, le volet financier ne doit pas occulter le risque. Malgré la fermeture du centre de Sangatte en 2002 et la sécurisation du port, les mesures de sécurité demeurent nécessaires. L'attention des transporteurs et des conducteurs ne doit pas retomber. Le nombre de clandestins reste important dans le secteur, la Grande-Bretagne est toujours « attirante » et les risques d'embarquer des clandestins toujours très réels. Sans oublier la menace outre-Manche de l'amende de 4000 £ maximum par clandestin, répartie entre le transporteur et le conducteur.
Editorial