Dans le langage courant « naviguer à vue » signifie avancer sans trop savoir où l'on va... mais avancer quand même ! Pour notre profession, à l'aube d'un nouvel exercice aux données imprécises, c'est un fort vent de travers qui pose certaines interrogations : avancer encore, n'est-ce pas une fuite en avant ? Et combien d'entreprises sont tombées cette année pour avoir dépassé une limite que des indicateurs économiques fluctuants s'amusent à déplacer sans cesse ? Les effets d'annonce du début 2003 (2 % de croissance !) se sont transformés en quasi récession et se projettent à nouveau en croissance pour l'année 2004 ! Qui croire, quand tant de décisions restent à prendre au niveau européen (harmonisation), et au niveau national (loi Fillon, TIPP, décentralisation) ? Dans le même temps, le pavillon français a perdu - encore - 8 % et le niveau des charges n'a pas baissé...
Alors : avancer ? Reculer ? Les conseilleurs ne sont pas les payeurs et chaque cas est particulier. Mais personne n'a envie de reculer dans une profession reconnue pour son dynamisme et qui, devant les difficultés, devient de plus en plus solidaire. Avancer donc, mais à petits pas, en profitant de cette pause imposée pour se recentrer sur son coeur métier et remettre en question l'approche que l'on peut avoir de son marché, être attentif aussi aux évolutions technologiques et savoir choisir les outils qui nous permettront, demain, d'avoir la réactivité nécessaire.
Notre seule certitude réside dans la valeur de notre capital humain. Conducteurs, exploitants, mécaniciens, administratifs, commerciaux, encadrement, ils ont traversé avec nous cette crise de 2003 et sont sur le pied de guerre, prêts à rebondir sur les premiers frémissements positifs, annonciateurs d'une embellie tellement attendue. Pour eux tous, et pour la dignité de notre profession, continuons donc à avancer, avec raison plus qu'avec passion, mais avançons !