Les bons élèves

En brandissant le trophée du Transporteur de l'année sur la scène de l'Espace Pierre Cardin, Patrick Girard a rendu un immense service au transport routier.

Nul ne peut nier qu'il incarne à la perfection la mutation de toutes ces Pme qui ont su passer de la tradition à la modernité sans perdre leur âme. La tradition, c'est bien sûr celle de l'entreprise familiale qui a bercé son enfance. Un père transporteur, qui démarre avec un camion au début des années soixante. Et autour de lui, une mère, quatre frères et soeurs qui vont vivre dans cet univers difficile, mais enthousiasmant. A tel point d'ailleurs qu'il rejoint sans hésiter l'entreprise familiale en 1976, comme conducteur. Son histoire est celle d'une « success story », peut-être prévisible et classique, mais pas tout à fait banale. En un quart de siècle, il va hisser Girard au rang prestigieux de numéro un européen du transport de meubles. Cette victoire, il l'a d'abord dédiée aux autres nominés. L'hommage est aisé. Encore fallait-il penser à le faire. Puis, avec un trémolo dans la voix, trahissant une forte émotion, à son fils, mort dans un accident de moto à l'âge de 17 ans. Et à ses parents bien évidemment.

Le choix de Girard ne fut pourtant pas aisé. Le jury, composé des anciens transporteurs de l'année, n'a guère eu la tâche facile. Les six dossiers qui lui étaient présentés recelaient de belles histoires. Histoire d'homme qui s'est fait tout seul, comme Nicolas Olano. Histoires d'entreprises familiales, parties du stade artisanal pour être portées bien haut, comme celles d'Alainé et de Legendre. Histoires également de managers qui ont, un jour, décidé de consacrer leur énergie à redresser des entreprises de transport sans dessus dessous, comme Frédéric Charbon pour Rave ou Philippe Michel pour Transalliance. Chacun est reparti avec une palme, qui vaut largement le trophée du vainqueur. Car cette récompense est avant tout un hommage de la profession à ses «bons élèves». Il est simplement dommage de voir que ce témoignage de reconnaissance se limite au seul sérail professionnel et qu'il n'arrive guère à émouvoir l'ensemble de la classe économique, les décideurs politiques et les forces vives de la Nation. Ils pourraient voir et découvrir un autre visage du transport routier.

Editorial

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