A priori porteur, ce créneau a cependant été soumis à un encadrement très strict, où se sont imposés des procédures d'appels d'offre, des suivis rigoureux de gestion des matériels, des contrôles sanitaires fréquents, etc. La règle de base et de bon sens, pour les transporteurs intéressés et sérieux, a consisté alors à dédier exclusivement un ou plusieurs véhicules à ce type de trafic. Mais cette débauche parfaitement justifiée de textes réglementaires et de contraintes d'exploitation a découragé nombre de PME spécialisées dans le transport de produits vrac par bennes. Et ce qui devait arriver arriva. Des transporteurs et affréteurs peu scrupuleux se sont engouffrés dans la brèche. Mardi dernier, le journal télévisé de 20 heures de TF1 s'est ainsi fait l'écho de pratiques pour le moins douteuses où l'on a appris que les règles de nettoyage et de désinfection étaient régulièrement bafouées et que certains pratiquaient allégrement la mixité de chargement. A visage ouvert, un spécialiste de ce type de transport, Pascal Turbak, a expliqué comment un transport de farines animales à l'aller devenait en un tour de main un transport de produits pour brasserie en retour. Évidemment, sur ce qui pourrait bien devenir un scandale à grande échelle, l'image du transport ne sortira pas grandi. Et une fois de plus, le courage et la détermination de tous ceux qui se sont impliqués pour exercer leur métier avec un maximum de scrupules seront anéantis. Ressortira alors le sempiternel débat entre ceux qui sont dans les clous -que l'on surcontrôle- et les autres.
Editorial