CFDT et CGT pris à leur propre piège

Une journée aura suffi pour démontrer la vanité syndicale et changer fondamentalement la donne dans la nature des relations sociales entre organisations professionnelles et syndicats de salariés.

Bien évidemment, pour expliquer leur échec, les dirigeants de la CFDT et de la CGT ont botté en touche, mis en avant le rôle des forces de police (qui ont, il est vrai, rempli leur mission avec beaucoup de zèle et d'efficacité) et insisté sur la « trahison » de F.O. (qui avait pourtant, dès le début, marqué sa réticence à l'égard de la plate-forme commune CFDT-CGT). Mais ces excuses ne trompent personne. Leur défaite est ailleurs, dans les carences dont ils ont fait preuve concernant leur manière d'exercer l'action syndicale et leur incapacité à mobiliser les troupes. Cet échec-là est d'autant plus amer qu'il était relativement inattendu. Enfermés dans leur parisianisme et leur technocratie (qui n'est visiblement pas un propre de l'Administration), éblouis par les caméras et les micros, persuadés que les recettes de 1996 et 1997 étaient toujours bonnes et que les médias suivraient, les deux syndicats les plus actifs dans les couloirs du ministère ont oublié, au passage, une régle fondamentale : la « base » était-elle prête ? Avait-elle vraiment envie de se battre à un mois des fêtes de fin d'année ? Souhaitait-elle réellement faire durer un conflit alors que la période est plutôt morose sur le plan économique, que le chômage repart à la hausse ? Pensait-elle sincèrement que la revendication du treizième mois était raisonnable dans le contexte de concurrence européenne ? La faible mobilisation a apporté une réponse négative à ces différentes questions. CFDT et CGT n'ont pas su convaincre au-delà de leur cercle de fidèles. La police et les dissensions syndicales ont fait le reste. Et surtout, les organisations patronales ont peut-être compris, sur la fin, que les syndicats n'étaient pas aussi forts qu'il y paraissait. Elles ont préféré prendre le risque de la rupture, plutôt que de signer un texte trop contraignant pour les entreprises. A ce jeu de poker, elles ont gagné. Mais attention, l'histoire ne repasse pas toujours les plats.

Editorial

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