Une disparition bravement passée sous silence par l'ensemble de leurs représentants professionnels. Lesquels étaient préparés de longue date à une échéance programmée par Bruxelles. Aucun effet de surprise donc. De leur côté, les pouvoirs publics nationaux se sont bien gardés de jeter de l'huile sur le feu. Aucune communication à destination des entreprises. Quant aux fédérations, elles ont dû se contenter de propos lénifiants sur la fidélité aux engagements pris et les vertus de la patience. Résultat : au 31 décembre, la publication de la loi de Finances pour 2003 ne soulevait aucune protestation. Une fois encore, le gouvernement reprenait ce qu'il avait cédé sur les barrages routiers. La profession s'accoutume à de tels tours de passe-passe... Pour autant, les fédérations veulent encore croire à un possible rétablissement de la ristourne. Peut-être l'Allemagne abaissera-t-elle la garde en dépit des pressions exercées par les Verts ? Difficile d'y souscrire : lors des derniers conseils des ministres des Finances européens, cet Etat a réitéré son hostilité à l'endroit du dispositif dérogatoire. Attendons encore celui du 18 février... Peut-être les négociations sur la fiscalité de l'énergie faciliteront-elles un compromis sur le gazole ? Mais ces discussions piétinent. Comme celles, d'ailleurs, qui doivent organiser le régime du futur carburant utilitaire européen annoncé en juillet dernier. Peut-être, avance TLF (Fédération des entreprises de transport et logistique de France), la remise partielle sur la taxe intérieure sur les produits pétroliers sera-t-elle réintroduite dans la loi de Finances rectificative pour 2003 ? Les pouvoirs publics ont jusqu'à la fin du 2e semestre pour y réfléchir, souligne l'organisation professionnelle. Reste que l'Italie et les Pays-Bas ont compris plus rapidement l'inanité de tels espoirs : la première ne sollicite pas une nouvelle dérogation. Quant au gouvernement néerlandais, il a tout bonnement décidé une baisse généralisée de la TIPP.
Editorial